CHANGEMENTS

1. UN CHANGEMENT

L’ARGENT : MÉCANISMES ET CONSÉQUENCES

L’argent est le moyen d’accès à tout, même à la nourriture. Pour chaque être humain, il s’agit d’un élément vital, et non d’un simple outil qui serait de nature « neutre ».

L’argent peut s’accumuler. La qualité de vie de chacun est proportionnelle à la quantité qu’il aura gagné. L’argent encourage et récompense l’individualisme. La richesse varie de rien à toujours plus, permettant de comparer les niveaux de vie de chacun, et créant des disparités entre nous.

L’argent, circulant comme des vases communicants, il est nécessaire pour en gagner que d’autres en perdent.

L’argent permet l’investissement, et donc de gagner encore plus d’argent. A l’inverse, moins on a d’argent, moins il est possible d’en gagner.

Pour être durable, tout système monétaire implique un niveau d’activité humaine élevé et permanent (pour générer emplois, salaires, survie vis-à-vis de la concurrence, etc.). Il nécessite un gaspillage inconsidéré de nos ressources, induit une pollution massive, une multiplication des déchets et une organisation dangereuse et inadaptée.

L’argent n’est pas un élément neutre, mais un élément maître. Il se place par sa simple existence au rang d’élément le plus haut. Il dépasse tout autre élément, même la vie, puisque c’est un préalable nécessaire à ce qui permet de vivre. C’est un moteur d’individualisme et de compétition généralisée, un élément de déséquilibre social profond, un moyen de corruption, une arme de domination.

Nous n’avons pas besoin d’un moyen d’échange, ni pour nous organiser, ni pour nous motiver.

LIBERTÉ : MÉCANISMES ET CONSÉQUENCES

Être utile aux autres est un besoin fondamental (pyramide de Maslow), et dans un monde où l’argent n’existe pas, il n’est pas possible de payer pour obtenir quelque chose. C’est pourquoi il est dans l’intérêt de chacun de s’intégrer à la vie en communauté à un niveau équivalent des autres (selon ses possibilités physiques et intellectuelles). L’ODG (Organisation Démocratique Globale) permet à chacun de prendre part aux décisions, mais aussi de répartir avec justesse les tâches communes.

Comment s’organiser sans argent ? Par la mise à disposition gratuite de sa vocation aux autres, et en remplaçant l’argent par un « merci ».

Sans un retour immédiat et équivalent par l’argent, nous obtiendrons tous en contrepartie un retour différé, multiplié et généralisé par toute la communauté :

  • nous serons libres et égaux
  • les dettes n’existeront pas
  • chacun exercera sa vocation
  • l’organisation sera fluide
  • il n’y aura aucun trafic mafieux, ni corruption
  • nous ne chercherons plus le profit
  • nous n’épuiserons pas nos ressources plus que le nécessaire
  • celui qui n’a rien à échanger pourra intégrer la vie en société

Seule la Liberté permet à chacun d’exercer sa vocation, d’être maître de ses conditions de travail, d’avancer dans la coopération et non la hiérarchie, d’obtenir une satisfaction personnelle entière et d’évoluer dans une entente générale.

Si chacun exerce sa vocation, on peut se demander « Qui fera les tâches difficiles ? ».

Si un étudiant décidait de se mettre en colocation, poserait-il la question « Qui fera le ménage ? »

La question ne sera pas « qui fera ? ». Nous nous demanderons « comment allons-nous faire ? ».

La fin de l’obligation des tâches difficiles induira les adaptations nécessaires. Nous nous passerons naturellement de ce qui est superflu et répondrons à ce qui nous est fondamental. Si certaines tâches ne créent pas d’engouement, nous en améliorerons les conditions sans restrictions budgétaires et humaines. Du confort aux horaires, en passant par l’automatisation et la répartition par une main d’œuvre gigantesque, notre potentiel humain et technique ne pourra qu’y répondre dans la satisfaction de tous. Par l’ODG, nous pourrons anticiper, secteur par secteur, chacune des adaptations à venir.

Par ailleurs, si un lieu de production est trop éloigné de la demande, sa relocalisation se fera immanquablement.

Les adaptations induites par la liberté auront de multiples conséquences bénéfiques pour l’Homme et la Planète :

  • avant tout, ce sera une application réelle des droits de l’Homme
  • une amélioration sans restriction des conditions de travail
  • un terrain de discussion et de coopération
  • une organisation parfaitement ajustée entre besoins et pénibilité
  • la relocalisation des zones de production près de la demande
  • une production tenue à ce qui nous est essentiel.

II. UNE SOCIÉTÉ SANS ARGENT NI DIRIGEANTS

LES PRINCIPES

La base d’organisation que nous proposons tient sur les principes suivants :

  • Le principe de gratuité est l’exercice gratuit de sa vocation aux autres. Ceux qui auront la même vocation formeront les pôles d’activités (alimentation, santé, recherche, éducation, etc.). Sans concurrence ceux qui partagent le même secteur sont libres de coopérer et de mener ensemble leur rôle à bien.
  • Partage des ressources suivant nos possibilités. Ce principe prend en considération l’environnement et la cohésion sociale.
  • Partage de l’effort suivant nos capacités. Ce principe est nécessaire à la cohésion sociale et permet de réduire équitablement l’effort, donc de le minimiser pour tous.

Pourquoi quelqu’un rendrait un service gratuitement ? Pour avoir un statut, une place nécessaire à son bien-être, pour se sentir utile, ne pas s’ennuyer, ne pas s’isoler de sa propre communauté.

Ce principe évite l’utilisation d’un moyen d’échange et en écarte les innombrables effets, conséquences et dérives que nous connaissons.

Ce rapport entre l’individu et sa communauté permet d’éviter tout abus à titre individuel et ne peut exclure une quelconque minorité.

La participation de chacun pourra donc se faire sur les 2 axes suivants :

  • L’exercice en libre accès de sa ou ses vocations aux autres.
  • Participation à un niveau égal des autres (à l’exception d’une incapacité ou autres) aux tâches communes.

Les logiciels informatiques permettent de gérer facilement la répartition des ressources et de l’activité commune.

Sans argent ni client, il n’y a pas de concurrence commerciale. Ceux qui partagent le même secteur d’activité sont ici libres de coopérer.

COMMENT PRENDRE DES DÉCISIONS

Nous proposons l’ODG : Organisation Démocratique Globale (Quartier, Ville / Village, Ressource, Culture / Nation, Monde). Elle permet à chacun de prendre part aux décisions qui le concernent, et de mettre en place les accords de communauté (ou règlement intérieur) sans l’intermédiaire de dirigeants.

LA PÉNIBILITÉ

La disparition de l’argent offre le cadre qui permet de réduire la pénibilité du travail à son maximum : par la masse d’individus, les moyens technologiques (l’automatisation sans la crainte de perdre des emplois), les conditions choisies, l’absence de hiérarchie, l’absence de rendement attendu et l’arrêt des activités liées à l’argent et de la quête du profit.

La pénibilité a ses vertus : afin de la réduire autant que possible, nous adopterons les tendances opposées à celles d’aujourd’hui. Nous limiterons naturellement nos besoins à ce qui nous est essentiel, afin d’éviter tout effort qui n’en vaudrait pas la peine. Pour les mêmes raisons nous optimiserons naturellement la durée des biens et réduirons en amont les déchets éventuels occasionnés.

QUESTIONS / RÉPONSES

Comment avoir accès à la nourriture ?

Le niveau 3 de l’ODG5 (zone de ressources) est consacré à la gestion de l’alimentation (production, transport et distribution de la nourriture du territoire vers les villes et villages qu’il reçoit).

La distribution peut se faire par des paniers, des lieux de distribution, ou encore par tout autre modèle, au libre choix de chaque communauté.

Le surplus alimentaire pourra transiter vers des territoires en difficulté.

Comment avoir accès à un bien ? Un service ?

En faisant la demande aux personnes compétentes.

Comment faire si personne ne fournit un bien ou un service recherché ?

S’adapter, apprendre à le faire soi-même, se regrouper entre intéressés, discuter, se donner les moyens de le mettre en place.

Qu’en est-il de la propriété privée ?

Les lieux communs (Nature, rues, etc.) ne peuvent être la propriété de qui que ce soit. Concernant les logements, si nous souhaitons tous être propriétaires (ou avoir un droit d’usage) de notre habitation, il y aura donc consensus, et il en sera probablement ainsi. D’autres formes seront possibles : vivre en logements partagés ou encore nomades.

La propriété ou le droit d’usage pour d’autres domaines sera à déterminer au sein de chaque communauté.

Comment assurer l’équité alors que les logements ne sont pas équitables ?

Les disparités des logements sont les reflets des inégalités d’aujourd’hui. Nous pourrons tendre alors vers l’équité des logements qu’une fois les inégalités financières disparues.

A qui attribuer un bien / une ressource rare, un logement libre ?

Par accord mutuel entre les intéressés :

  • Attribution au plus utile (par exemple : un logement de plain-pied pour des personnes âgées ou à mobilité réduite)
  • Au plus écologique (à proximité, dans un rayon déterminé)
  • Attribution à tour de rôle
  • Diviser en parts égales entre les intéressés
  • Ne l’attribuer à personne pour conserver une équité
  • Par tirage au sort
  • Autre

Concernant les ressources lointaines :

S’en passer, trouver une alternative et recycler, seront les premières attitudes, toutes en faveur de l’environnement.

Si la ressource reste souhaitée ou nécessaire alors différentes solutions pourront apparaître après discussion : mise en place de réseaux d’échanges libres, dons, ou tout autre accord.

Les réseaux internationaux de transit que nous avons développés partout dans le monde devraient pourvoir y répondre sans difficultés.

Concernant la démographie :

Sortir du système est nécessaire pour gérer la question démographique :

  • Les dirigeants éludent volontairement la question, car une natalité forte est nécessaire pour la croissance économique.
  • Dans de nombreux pays pauvres, où la technologie moderne est absente, les enfants sont nécessaires au maintien de l’entreprise familiale ou agricole.
  • Nous pourrons assurer « les vieux jours » de tous sans avoir à compter sur la descendance.
  • Nous pourrons plus aisément mettre en place des plannings familiaux pour une natalité choisie et gérée.
  • Pour tout autre choix / organisation :

Réglementations, modalités d’organisation et autres choix seront à déterminer ensemble lors des assemblées.


Les abus sont-ils possibles ?

La disparition de l’argent ne permet plus à un individu de bénéficier à sa guise des efforts des autres ou de pouvoir exercer un ascendant sur autrui. Il est alors nécessaire pour chacun de respecter les accords convenus ensemble lors des assemblées.

III. PROJET MOCICA

PRÉCISIONS

Le projet Mocica est une action pacifiste dont la proposition universelle est équitable pour chaque citoyen du monde.

Il dépend uniquement du choix de l’Humanité et non de la volonté de ses dirigeants.

Il ne nécessite aucun préalable structurel, ni coût financier.

Il permet une réponse rapide et adéquate en cas d’effondrement économique.

Le projet Mocica peut sembler vague et comporter une grande part d’inconnu. C’est le cas. L’inconnu est invariablement lié au changement de paradigme. Nous ne pouvons exiger le second sans plonger dans le premier.

Nous ne pouvons pas non plus proposer d’un côté un système où les potentiels humains peuvent s’exprimer librement tout en imposant un cadre précis et formel de l’autre. Mais il est néanmoins possible d’établir les lignes et principes nécessaires à une véritable logistique et à la mise en place d’un nouveau modèle qui apporte liberté, sécuritééquité et protection de l’environnement, ce à quoi nous espérons modestement répondre ici.

L’équipe Mocica

Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse.

Merci de vos réactions.