Les oubliés de la croissance

« Ainsi, un simple virus a déporté notre guerre contre la mort. Nous sommes passés en quelques heures d’une quête de croissance pour la croissance vers la lutte contre un virus !

C’est l’enseignement à tirer de cette réaction hystérique et hystérisée de ces dernières semaines, où le déni de la mort nous a conduit à nous mettre à l’arrêt, tout en semant des maux probablement bien pires. C’est le reflet de notre civilisation occidentale incapable de penser, d’accepter les limites et, qui dans une quête illusoire vers l’immortalité, met en péril la simple vie d’autres civilisations mais aussi des générations futures. L’hubris de notre modèle de société est à nouveau remis en question, de la plus brutale des manières.

Bien plus que d’un vaccin et de gestes barrières, c’est d’un nouveau contrat social dont nous avons besoin, basé sur un nouvel imaginaire. Dans les mois qui viennent, il faudra choisir.

Soit persévérer dans le productivisme et le consumérisme sans limites, et en contrepartie, accepter de construire, quoi qu’il en coûte, une société de la peur, aseptisée, vulnérable, infantilisée, dépendante de la technique. Ou alors construire des sociétés de la sobriété, de la mesure et de l’acceptation, qui redonnent du sens et des limites ; et ainsi s’ouvrir à des sociétés autonomes et libres de se fixer ses propres règles, conviviales et en capacité de maîtriser les choix techniques, chaleureuses et basées sur l’attention portée à tou•te•s par tous, la confiance et la responsabilité »