Extrait de « Mourir la belle affaire »

Aujourd’hui nous sommes le 23 décembre 2021 et je viens d’aller rendre un hommage dans une cérémonie civile au cimetière de ce village ou malgré des papiers d’état civil  qui prouveraient le contraire je me sens vraiment comme un émigré ou je n’ai plus aucun lien avec tous ces masques (covid oblige) souvent surmontés de lunettes sous une chevelure blanche et que le seul lien entre eux dans le cimetière (des présents comme des absents) de ce village, étaient encore les souvenirs des querelles passées .

Celui qui nous quitte aujourd’hui était un de ces derniers passeurs de générations que j’ai croisé et qui savaient accueillir l’immigré et partager le pain, l’abri et même la terre avec celui qui était capable de la respecter, l’entretenir et apprendre à la travailler pour se nourrir . Il était de ces derniers passeurs qui avaient malgré toutes leurs différences (politique, religieuses, financières…) traversé l’épreuve de la vie avec l’amour de la terre et de l’endroit ou ils avaient les pieds posés. Comme tous ces autres passeurs, qui nous avaient déjà quittés, il avait su se moquer de ce petit bonhomme que j’étais et qui pour fuir la Société bruyante et tourmentée des Villes, à l’inverse de ce qui se passait autour d’eux, venait se poser pour trouver des racines nouvelles.

 Comme beaucoup d’entre eux ce passeur avait été ouvrier dans les entreprises locales, tout en continuant à entretenir et cultiver son coin de terre, mais le lien pour les nouveaux arrivants comme moi  étaient qu’ils étaient tous fiers de transmettre leur connaissances et leur savoir faire. 

Bernard Bruyat

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