DEMOCRACIE

La dernière aventure Burlesque électorale encore en cour devrait nous amener a regarder comment est il possible que l’on accepte encore de parler de DEMOCRACIE dans un pays ou ne participe que 45% des électrices et électeurs en âge de participer.

Seul la Domination sans Considération dans un  soucis personnel de protéger ses acquis, sans aucune autre réflexion de ce qui nous entoure permet une fois de plus de poursuivre la gouvernance du « tout doit changer pour que rien ne change » Visconti dans le Guépard

Clarens, Vaud, 26 septembre 1885.

                                 Compagnons,

     Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n’est ni votant ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage.

     Le délai que vous m’accordez est bien court, mais ayant, au sujet du vote électoral, des convictions bien nettes, ce que j’ai à vous dire peut se formuler en quelques mots.

     Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir.

     Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement.

     Voter c’est évoquer la trahison. Sans doute, les votants croient à l’honnêteté de ceux auxquels ils accordent leurs suffrages  — et peut-être ont-il raison le premier jour, quand les candidats sont encore dans la ferveur du premier amour. Mais chaque jour a son lendemain. Dès que le milieu change, l’homme change avec lui. Aujourd’hui, le candidat s’incline devant vous, et peut-être trop bas ; demain, il se redressera et peut-être trop haut. Il mendiait les votes, il vous donnera des ordres. L’ouvrier, devenu contre-maître, peut-il rester ce qu’il était avant d’avoir obtenu la faveur du patron ? Le fougueux démocrate n’apprend-il pas à courber l’échine quand le banquier daigne l’inviter à son bureau, quand les valets des rois lui font l’honneur de l’entretenir dans les antichambres ? L’atmosphère de ces corps législatifs est malsain à respirer, vous envoyez vos mandataires dans un milieu de corruption ; ne vous étonnez pas s’ils en sortent corrompus.

     N’abdiquez donc pas, ne remettez donc pas vos destinées à des hommes forcément incapables et à des traîtres futurs. Ne votez pas ! Au lieu de confier vos intérêts à d’autres, défendez-les vous-mêmes ; au lieu de prendre des avocats pour proposer un mode d’action futur, agissez ! Les occasions ne manquent pas aux hommes de bon vouloir. Rejeter sur les autres la responsabilité de sa conduite, c’est manquer de vaillance.

     Je vous salue de tout cœur, compagnons.

  Élisée Reclus.                            

La sécession n’est en rien une fuite irresponsable. Il ne saurait y avoir d’éthique des responsabilités sans convictions. La conviction dans la sécession est le contraire du destin ou de la carrière : la conviction, c’est notre ligne d’émancipation, de libération. Faire sécession, c’est aussi fuir les dispositifs de pouvoir, “l’assistante sociale qui veut nous réinsérer, le conseiller d’orientation et nos parents qui veulent nous aider à définir notre avenir, le syndicat qui veut nous encarter à la fin de la grève sauvage, les parents qui veulent sauver notre mariage, la psychothérapie, les juges, les flics et moi même, lorsque je rédige mon CV et élabore mon projet de vie, ma carrière mon avenir”, Simon RUPTURE.

Faire sécession exige la recherche du REEL dont nous sommes à tout moment détournés (avec notre consentement implicite) afin de le rendre VISIBLE : cela nous amène obligatoirement à faire des choix… Pour cela nous devons renoncer à …

Faire sécession ne signifie pas prendre position contre des partis politiques ou des idéologies au service du pouvoir C’est refuser le langage commun du politiquement correct. La reprise d’une position politique (gestion de la cité) ne pourra se faire qu’après avoir fui tous ces prédateurs qui veulent nous encadrer dans des structures normatives et gestionnaires qui nous dépossèdent de notre expression directe et nous privent de nos capacités à rechercher notre émancipation.

Faire sécession doit nous aider à nous réapproprier la chose publique par la dissidence qui nous est interdite par un système institutionnel dit démocratique qui nous écarte à tous moments et dans tous les domaines de nos désirs de réfléchir notre condition humaine. Faire sécession n’entraîne pas forcément le refus catégorique du vote mais nous amène à regarder toutes ses dérives ( ex : refus de participer au vote qui s’inscrit dans un système reconnu comme anti-démocratique tel que l’organise la Constitution de 1958.

Faire sécession est bien RUPTURE et ne doit pas une fois de plus n’être qu’une adaptation par certains courants politiques à des fins électorales : “une vraie rupture est une chose sur laquelle on ne peut pas revenir, qui est irrémissible parce qu’elle fait que le passé a cessé d’exister”. La sécession c’est déjà savoir que “si nous faisons ce que nous avons toujours fait, nous obtiendrons ce que nous avons toujours obtenu”.

Le revenu inconditionnel d’existence est la première pierre de ce chantier et sur cette base encore bien d’autres pistes restent à rechercher L’“inconditionnalité” du Revenu d’Existence nous oblige à rompre avec toutes les pratiques politiques communes à tous les acteurs de notre vie sociale (partis, syndicats, associations…) pour reconnaître à chaque individu son droit à l’existence (et non plus à la subsistance conditionnée au mérite de chacun). Le “revenu inconditionnel d’existence”, véritable avancée sociale doit s’accompagner de bien d’autres chantiers de recherche “du local au mondial” qui ne seront réalisables que dans “la sécession ».

Faire sécession n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’un outil de libération pour entreprendre la déconstruction de notre système de gouvernance.

Partant de ce chantier bien d’autres pistes restent à rechercher et exploiter qui viendraient enrichir un travail de reconstruction…

Faire sécession, c’est aussi prendre en compte le bouleversement que représente ce concept de déconstruction auprès de nos contemporains pour bâtir d’autres alternatives sur de solides bases sociales. Tout cela ne pourra se faire sans SECESSION car il ne s’agit pas de faire “A PARTIR DE” mais “EN DEHORS DE”.

Faire sécession doit permettre de rompre avec l’individualisme. La sécession ne doit pas se réduire à un mouvement auquel les individus pourraient s’identifier à travers la revendication d’une appartenance. Cette appartenance se manifeste par l’utilisation et la promotion du vocabulaire de “la pensée unique” dont usent et abusent les politiques au sein des “COMMUNAUTES TERRIBLES ”(celles-mêmes qui prétendent combattre le communautarisme).

Opdlm Université du pas de coté

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